Sous ce titre racoleur, il est évident que la réponse n’est pas « oui » ou « non ». Sachant que le combat fait déjà rage depuis plusieurs années entre les Lora, Sigfox et autres NB-IOT ou LTE-M mais que le marché de l’IOT en masse n’est pas vraiment à la hauteur des estimations. Nous sentons bien d’ailleurs que certains de ces acteurs s’essoufflent et revendiquent aujourd’hui des métriques bien loin du principal indicateur qui pourrait démontrer le marché et leur position : le nombre d’abonnements pour des objets couramment connectés à leur réseau.

Mais les prévisionnistes continuent d’annoncer un incroyable marché de plusieurs dizaines de milliards d’objets connectés dans les 10 prochaines années. Alors, tous ceux qui pourraient avoir une technologie de communication adaptée se positionnent et tentent d’occuper la place médiatique au plus tôt, souvent avant-même d’avoir à disposition une vraie réponse aux enjeux de chacun des cas d’usage.

Quelques soient les cas d’usage, chez NEXT4, notre vision de l’IOT est assez claire et elle semble rassembler bon nombre de nos confrères et clients :
Un objet connecté doit être un objet “peu cher”, avec un abonnement “peu cher” dont l’autonomie est longue afin que la maintenance soit “peu chère”.

Il reste toutefois à définir « PEU CHER » :
Si je perds 5 000 000€ de marchandise chaque année et que je mets en place 5 000 capteurs à 200€ (abonnement inclus 1 an et pour 1 an d’autonomie) pour palier cette perte : c’est relativement peu cher,  peuchère !

Vous voyez cher partenaire, inutile de promouvoir l’IOT à 5€ pour un nombre important de cas d’usage …
Vous ne faites que ralentir les décisions des donneurs d’ordre qui ne pensent plus qu’à attendre un tarif plus bas qu’il ne peut être atteint à ce jour.

Pour NEXT4, le cas d’usage traité du tracking de marchandises conteneurisées présente une rentabilité évidente* pour quasiment tout container dont la valeur marchande dépasse 50 000€ (un container de t-shirts par exemple).
*prix calculé de l’offre NEXT4 par voyage : environ 30€

A ce prix, le vrai sujet pour NEXT4 était de proposer à ses clients la plus grande couverture internationale possible.
C’est donc pour ces raisons et forts de nos expériences sur les réseaux LPWAN, que nous avons décidé de miser sur le réseau cellulaire dans sa version économe en énergie : le LTE-M.
Certains diront que le LTE-M n’est pas déployé partout dans le monde et nous leur répondrons que le déploiement est relativement rapide mais qu’actuellement et pour 30% de durée de vie de batterie en moins, nos trackers basculent automatiquement en 2G.

Notre choix nous permet de proposer la seule solution de géolocalisation internationale avec une durée de vie d’environ 2 ans et une “vraie” couverture.

Mais, comme le montre cette carte USA en bleue, bien que dense, il réside des zones blanches dans le réseau cellulaire et c’est pour cette raison que nous avons été amené depuis 2018 à étudier les solutions émergentes d’IOT par satellite.

Les annonces de satellites pour l’IOT “pleuvent” depuis quelques mois et nous comprenons pourquoi :

En effet, un seul lancement de quelques dizaines de satellites pas plus gros que des boîtes à chaussures (nano satellite ou Cubesat), pourrait permettre une couverture instantanée du globe là où tous les acteurs du terrestre doivent acheter ou louer des emplacements (points hauts) et déployer des stations de base.

C’est donc LA solution. Enfin, c’est ce que l’on tente de nous faire croire …

 

Tout d’abord, il faut savoir que ces petits satellites à coûts modérés, sont envoyés en orbite basse : LEO (pout Low Earth Orbit) qui se définit sur une distance inférieure à 2 000 km de la terre.

En l’occurrence, toutes les initiatives que nous avons identifiées prévoient des lancements qui se situent à environ 600 km de la terre. Cette information est relativement importante car, pour des objets basse consommation, toucher un satellite à 600 km s’avère relativement compliqué. Il est déjà parfois difficile de toucher une antenne d’un réseau terrestre à quelques centaines de mètre lorsque l’on se retrouve derrière une vitre athermique ou (comme le contrat de certains opérateurs le précise) lorsque les conditions atmosphériques ne sont pas “idéales” …

Ce qui nous permet d’aborder une première limite à ces propositions de nouveaux réseaux : les cas d’usage.
On perçoit rapidement qu’un compteur intelligent 6 m sous terre, ne sera pas en mesure de communiquer avec ces nano ou cubesat …
Donc l’IOT par satellite serait plutôt pour de l’open sky ou du “collé à la porte”

 

Les points d’incertitudes de ces nouvelles offres de connectivité sont importants à ce jour pour l’ensemble des technologies IOT Satellitaires :

  • Le lancement commercial réel : Entre 2020 et 2023 pour l’ensemble des acteurs mais avec quel niveau de services lors du lancement ?
  • Le prix des modules de communication : Quel pari feront les fournisseurs car des modules supérieur à 20€ (prix d’un module pour le cellulaire) serait un dealbreaker!
  • Le prix de l’abonnement est lui aussi en question car certaines de ces entreprises ont des financements court-terme et donc un besoin de rentabilité rapide…Sans parier sur un volume très important rapidement, les prix seront mathématiquement trop hauts
  • La consommation d’énergie : plus grande inconnue pour la plupart des solutions. Même celles prétendant embarquer du Sigfox ou du Lora peu consommateur.
    Car là, il faudra que le matériel puisse écouter le satellite afin de savoir quand émettre et sur quelle fréquence …

Nous vous proposerons bientôt un benchmark des solutions satellitaires*.

Petit point de satisfaction : parmi la vingtaine de solutions que nous avons recensées la moitié est européenne. #Chauvin

*Liste des solutions recensées :
Eutelsat (ELO), Kinéis, Astrocast, AISTech, eightyLEO, Hiber, Lacuna Space, SAT4M2M, Sky ans Space Global, Blink Astro, CASIC, Fleet, Helios Wire, Kepler, Myriota, SpaceQuest, Swarm Technologies

by Cédric Rosemont